vendredi 19 décembre 2025

Le paradoxe de Fermi et l’omerta sur les OVNI

Ceci fait suite à deux articles déjà publiés : Opinion-Infochao: L’omerta générale à propos du phénomène OVNI et Opinion-Infochao: Le Big-bang remonte à 13.7 milliards d’années-lumière

Depuis que l’humanité lève les yeux vers le ciel, une question nous accompagne : sommes‑nous seuls dans l’univers ?

Paradoxe de Fermi — Wikipédia 1950, cristallise cette interrogation. D’un côté, les lois de la probabilité suggèrent que la vie devrait être abondante dans un cosmos aussi vaste et ancien. De l’autre, aucun contact formel, aucune preuve irréfutable ne s’est imposée à nous. Ce contraste entre une attente logique et un silence persistant nourrit autant la curiosité scientifique que les spéculations populaires.

À cela s’ajoute un autre phénomène : la gestion prudente — certains diront silencieuse — des phénomènes aériens non identifiés. Entre données partielles, rapports déclassifiés au compte‑gouttes et discours officiels mesurés, un sentiment d’omerta s’installe. Non pas une conspiration hollywoodienne, mais une retenue institutionnelle qui interroge.

Cet article explore ce double mystère : le silence cosmique d’un côté, la prudence terrestre de l’autre. Ensemble, ils dessinent un paysage où l’absence de preuve n’est pas nécessairement la preuve de l’absence.

1. La logique des probabilités

  • La multiplication des étoiles et des systèmes planétaires rend hautement plausible l’apparition de la vie ailleurs.
  • Les découvertes d’exoplanètes renforcent cette probabilité : certaines présentent des conditions proches de celles de la Terre.
  • Refuser en bloc toutes les observations consignées depuis des siècles reviendrait à nier non seulement les probabilités, mais aussi notre propre capacité à reconnaître ce qui dépasse nos cadres habituels.

2. Les hypothèses du paradoxe de Fermi

Ces hypothèses ne sont pas exclusives : plusieurs peuvent coexister, se superposer ou s’appliquer à différentes civilisations.

  • Le Grand Filtre : une barrière biologique, technologique ou culturelle empêche la plupart des civilisations d’atteindre un stade spatial avancé.
  • Civilisations trop brèves : elles apparaissent, mais disparaissent avant d’être détectées.
  • Distance et temporalité : elles existent trop loin ou à des époques différentes de la nôtre.
  • Technologies radicalement différentes : leurs modes de communication échappent à nos instruments.
  • Hypothèse du zoo : elles choisissent de nous observer sans interférer, pour ne pas perturber notre évolution.
  • Rareté de la vie : malgré l’immensité de l’univers, les conditions favorables restent exceptionnelles.
  • Recherche inadéquate : nos méthodes actuelles ne suffisent pas à détecter leurs traces.

3. L’omerta et ses raisons

  • Les phénomènes aériens non identifiés sont étudiés, mais les données publiées restent limitées.
  • Cette prudence n’implique pas nécessairement une dissimulation active. Elle reflète souvent un manque de données fiables, la peur du ridicule institutionnel ou la volonté d’éviter des interprétations hâtives.
  • Admettre officiellement l’existence extraterrestre pourrait provoquer des réactions imprévisibles, d’où une politique de retenue : ce qu’on ne sait pas ne fait pas mal.

4. Communication et barrières évolutives

  • La difficulté de communiquer entre espèces illustre un obstacle majeur : nous n’avons jamais tenté de dialoguer avec un ver de terre, pourtant rien n’exclut qu’une espèce jugée « inférieure » puisse, dans un million d’années, dominer l’échelle évolutive.
  • De même que nous ne percevons pas les signaux chimiques d’une fourmilière, une civilisation avancée pourrait utiliser des modes de communication qui nous échappent totalement.
  • Une civilisation extraterrestre suffisamment avancée pourrait franchir ces barrières et nous observer discrètement, sans laisser de traces compromettantes.

·        Conclusion

·        Le paradoxe de Fermi ne réfute pas l’existence extraterrestre ; il souligne plutôt les limites de nos outils, de nos méthodes et peut‑être même de notre imagination. Les hypothèses avancées — du Grand Filtre à l’hypothèse du zoo — offrent des pistes rationnelles pour comprendre le silence cosmique. Mais ce silence, combiné à la prudence institutionnelle entourant les phénomènes aériens non identifiés, entretient l’idée que des civilisations avancées pourraient déjà nous observer, préférant ne pas interférer avec notre évolution.

·        Ce texte n’a pas la prétention de clore le débat. Il vise simplement à ouvrir une porte, à inviter chacun à réfléchir, à questionner, à rester curieux. Je reviendrai donc sur ce dossier pour l’enrichir, car il demeure incomplet — comme toute réflexion sur un univers dont nous ne percevons qu’une infime fraction.

Chers lecteurs, merci de votre attention. Les questions que nous pose l’Univers ne sont jamais seulement lointaines : elles nous ramènent à ce que nous sommes, à ce que nous voulons devenir, et à la manière dont nous traversons cette année 2025 qui touche à sa fin.

En terminant, je vous souhaite un très joyeux temps des fêtes, et j’ajoute une pensée pour celles et ceux qui traversent cette période dans la précarité. Au moment des bilans, c’est peut‑être ce rappel-là qui compte le plus.



mardi 4 novembre 2025

Raymond Malenfant : grandeur, chute et le prix de la liberté

En ces temps difficiles et incertains, il est bon de faire une pause et de penser à des gens inspirants. Le Québec n’en manque pas. Preuve qu’on n’est pas nés pour un p’tit pain. Et qui mieux que Raymond Malenfant pour faire mentir cette expression de la culture québécoise : « On est nés pour un p’tit pain » — une attitude qui reflète une acceptation des conditions modestes et un renoncement à des aspirations plus grandes.

Raymond Malenfant, pour ceux qui ne le connaissent pas : ni héros ni victime, mais un homme entier, audacieux et profondément humain. Un homme qui a marqué son époque. Il fut un temps où son nom résonnait comme un symbole de réussite au Québec. Dans les années 1980, cet homme d’affaires né 50 ans plus tôt, à Saint-Hubert-de-Rivière-du-Loup possédait un empire hôtelier évalué à 450 millions de dollars — soit plus de 1,2 milliard aujourd’hui, selon l’indice des prix à la consommation.

Il avait bâti cela à la force du poignet, sans subvention, sans filet, avec une foi inébranlable en lui et en l’avenir.

Je l’ai admiré, cet homme. Pour son aplomb. Pour sa détermination. Pour son refus de plier devant les puissants. Mais avec le recul, et à la lumière de son parcours, je vois aussi les angles morts de cette confiance absolue.

L’architecte de son propre empire

Raymond Malenfant n’était pas un héritier. Il était un bâtisseur. Après avoir quitté des études en médecine, il se lance dans la construction domiciliaire, puis fonde en 1966 le Motel Universel à Québec. Ce sera le premier jalon d’un réseau d’hôtels, de tours à bureaux, de centres de congrès et même d’un centre de ski. Il rachète des établissements mythiques comme le Manoir Richelieu et l’Hôtel Fort Garry à Winnipeg. À son apogée, il emploie près de 1000 personnes.

Mais ce succès repose sur une stratégie risquée : l’endettement massif. Pour soutenir sa croissance, Malenfant emprunte 150 millions de dollars, 400 millions aujourd’hui, toujours selon l’indice des prix à la consommation.

Il refuse de s’incorporer, préférant garder un contrôle total, quitte à exposer ses biens personnels. Il ne veut ni actionnaires, ni syndicats, ni compromis.

L’orgueil avant la prudence

En 1986, l’achat du Manoir Richelieu marque un tournant. Le conflit avec les syndicats, notamment la CSN, dégénère. Un manifestant meurt lors d’une altercation avec la police. L’image de Malenfant se ternit. Les banques, les partenaires d’affaires, les institutions se détournent. Lui, fidèle à ses principes, refuse de vendre des actifs pour alléger sa dette. Il croit que la roue de l’économie tournera de nouveau en sa faveur.

Mais elle tourne sans lui. En 1993, il déclare faillite. Tout s’effondre.

L’homme derrière le mythe

Ce qui me touche encore aujourd’hui, c’est que Malenfant n’a jamais renié ses choix. Il a assumé ses erreurs avec une forme de stoïcisme. Il a payé le prix fort pour sa liberté, pour son refus de plier. Était-ce de l’orgueil ou de la fidélité à soi-même ? Sans doute un peu des deux.

Il y a dans son histoire une leçon pour tous ceux qui rêvent de bâtir, de posséder, de réussir. Oui, il faut du courage. Oui, il faut croire en soi. Mais il faut aussi savoir écouter, s’adapter, et parfois céder un peu de contrôle pour survivre.

Il reste pour moi une figure marquante. Pas un modèle à suivre à la lettre, mais un rappel puissant que la liberté, l’audace et la confiance sont des armes à double tranchant. Et que même les géants peuvent tomber — non pas faute de talent, mais faute d’écoute.

« Il faut parfois tout perdre pour rester soi-même. » — Inspiré du parcours de Raymond Malenfant.


samedi 25 octobre 2025

Discours radiophonique du président Ronald Reagan – 25 avril 1987

Voici la traduction complète en français, par Copilot, du discours radiophonique de Ronald Reagan du 25 avril 1987 sur le commerce libre et équitable. Ce discours a récemment refait surface dans un spot publicitaire canadien critiquant les tarifs douaniers américains. Le président Donald Trump a réagi en suspendant les négociations commerciales avec le Canada, jugeant que l’extrait utilisé déformait le message original. Je vous laisse faire vos propres recherches si vous voulez en savoir plus et vous faire une idée. En autres en cliquant sur ce lien: Que contient la publicité qui a mis Trump en furie et fait dérailler les négociations?

Mise en garde. Je n’ai rien changé de ce que Copilot m’a fourni. Mon but ici est d’informer. Par conséquent je me dégage de toutes responsabilités sur les mots utilisés ou l’interprétation qu’aurait pu faire Copilot. Quoi qu’il en soit, vous pouvez visionner la vidéo originale en cliquant sur ce lien : Former US president Ronald Reagan FULL 1987 speech on tariffs and free trade ou la visionner au bas de ce texte.

Discours radiophonique du président Ronald Reagan – 25 avril 1987

Mes chers compatriotes,

Le Premier ministre Nakasone du Japon me rendra visite ici à la Maison-Blanche la semaine prochaine. C’est une visite importante, car même si je compte discuter de nos relations avec notre bon ami le Japon — qui, dans l’ensemble, restent excellentes — les désaccords récents entre nos deux pays sur la question du commerce seront également au cœur de notre agenda.

Comme vous l’avez peut-être entendu, la semaine dernière, j’ai imposé de nouveaux droits de douane sur certains produits japonais, en réponse à l’incapacité du Japon à faire respecter notre accord commercial sur les dispositifs électroniques appelés semi-conducteurs. Or, imposer de tels droits de douane ou toute autre forme de barrière ou de restriction commerciale est une mesure que je répugne à prendre. Je crois fermement au libre-échange. Je crois que les Américains peuvent rivaliser avec n’importe qui, tant que la concurrence est équitable.

Le libre-échange signifie que nous abaissons les barrières afin que les consommateurs puissent bénéficier de produits de qualité à des prix compétitifs. Cela signifie que nous faisons confiance à nos travailleurs, à nos entreprises, à notre système économique. Cela signifie que nous ne craignons pas la concurrence, mais que nous l’accueillons, car nous savons que la concurrence nous rend meilleurs.

Mais le libre-échange ne signifie pas un commerce sans règles. Il ne signifie pas que nous devons permettre à d’autres pays de profiter de notre ouverture tout en fermant leurs propres marchés. C’est pourquoi nous avons agi contre le Japon dans le cas des semi-conducteurs. Nous avons conclu un accord avec eux, et ils ne l’ont pas respecté. Nous avons donc dû répondre.

Pourtant, je veux que vous sachiez que nous ne cherchons pas la confrontation. Nous voulons résoudre ce différend de manière équitable. Nous voulons que le Japon respecte ses engagements, tout comme nous respectons les nôtres. Et je suis convaincu que le Premier ministre Nakasone partage ce point de vue.

Ce différend souligne un point plus large : l’importance de maintenir un système commercial mondial ouvert et équitable. Nous vivons dans un monde interdépendant. Nos économies sont liées. Ce qui affecte un pays peut en affecter d’autres. C’est pourquoi nous devons travailler ensemble pour garantir que le commerce soit libre, mais aussi juste.

Certains, dans notre pays, appellent à davantage de protectionnisme. Ils veulent ériger des barrières, restreindre les importations, protéger certaines industries. Je comprends leurs préoccupations. Mais l’histoire nous enseigne que le protectionnisme est une impasse. Il mène à des guerres commerciales, à des prix plus élevés, à une croissance plus lente, et à une perte d’emplois.

Le libre-échange, au contraire, stimule la croissance, crée des emplois, et renforce nos alliances. Il permet à nos entreprises de se développer, à nos travailleurs de prospérer, et à nos consommateurs de bénéficier de plus de choix à des prix plus bas.

Voilà pourquoi mon administration continuera de défendre le libre-échange. Nous continuerons à ouvrir les marchés étrangers à nos produits. Nous continuerons à négocier des accords commerciaux équitables. Et nous continuerons à faire respecter ces accords.

En fin de compte, le libre-échange est plus qu’une politique économique. C’est une politique morale. C’est une question de confiance — confiance dans la liberté, dans la concurrence, dans l’ingéniosité humaine. C’est une question de foi — foi dans le peuple américain, dans sa capacité à réussir, à innover, à mener.

Merci. Que Dieu vous bénisse.

Mise à jour le 28 octobre 2025 Doug Ford nuit-il aux négociations?

Mark Carney parlant de Doug Ford.

Il a pris une décision différente de celle du gouvernement du Canada, qui est responsable de cette relation. Nous, on a décidé de ne pas faire de publicité aux États-Unis. OK ! C’était un choix. C’était évident pour nous.

Le texte qui suit est une transcription fidèle des propos tenus par Dimitri Soudas, ancien directeur des communications du premier ministre Stephen Harper, lors de l’émission « Les Mordus de politique » diffusée sur les ondes de Radio-Canada le 27 octobre 2025. Intervenant à chaud dans un débat sur les négociations commerciales entre le Canada et les États-Unis, Soudas réagit aux déclarations de Mark Carney et à la controverse entourant une publicité du gouvernement de l’Ontario.

Le style oral, direct et parfois heurté, a été volontairement conservé afin de respecter l’authenticité de l’intervention. Les mots sont les siens, tels qu’ils ont été prononcés, avec une correction minimale visant à en faciliter la lecture sans en altérer le ton ni le fond.

Question posée à Dimitri Soudas.

Est-ce que Mark Carney a jeté Doug Ford sous l’autobus?  Oui! Et selon moi, s’il le fait, c’est parce qu’à date, (Mark Carney) il n’a toujours pas livré ce qu’il avait promis de livrer, c’est-à-dire une entente avec les États-Unis.

La publicité du gouvernement de l’Ontario n’a rien à voir avec la crise de bacon de Donald Trump.

1.               Les Chinois ont mis en onde exactement la même vidéo au mois d’avril 2025.

2.               La semaine passée, le gouvernement du Canada faisait des pieds et des mains pour nous convaincre qu’on était loin d’une entente.

3.               Vendredi après-midi, le représentant du commerce de la Maison-Blanche est sorti pour dire : « Oh, c’était pas vraiment la publicité. C’est juste tellement difficile de négocier avec les Canadiens. » Pourquoi c’est difficile? Parce que le Canada ne fait pas les concessions que tous les autres pays prétendent avoir faites pour signer une entente sur les tarifs.

4.               Les propos de Ronald Reagan — et encore une fois, la crise du petit jeune de deux ans qui n’est pas content. Le discours de Reagan, à l’époque, c’était pour que le Congrès ne lui lie pas les mains. Et là, Donald Trump a eu l’audace de dire que Reagan adorait les tarifs. Ce qui est complètement faux.

5.               Reagan prononçait ce discours pour inciter la Chambre des représentants à ne pas lui lier les mains, pour qu’il puisse utiliser des contre-tarifs et faire du « pushback » sur le Japon. À l’époque, c’était les semi-conducteurs. Il agissait de façon protectionniste.

Donc, est-ce que c’est la publicité du gouvernement de l’Ontario qui a fait en sorte qu’on n’a pas d’entente? NON.

Et aujourd’hui, Mark Carney, depuis la Malaisie, a eu l’audace de dire qu’on était si proche d’avoir une entente… et que c’est à cause de cette publicité. La semaine passée, il disait qu’on était loin d’une entente, et il demandait d’arrêter de publier ça dans le Globe and Mail parce que ça faisait monter les attentes.

Marc Carney a promis une entente au mois de juillet : y’en a pas eu. Il en a promis une au mois d’août : y’en a pas eu non plus. Donc ils doivent se décider : qu’est-ce qu’ils sont en train de faire?

Conclusion

Ce témoignage, rapporté sans filtre, illustre à quel point les tensions politiques et commerciales peuvent être instrumentalisées, brouillant les responsabilités et les intentions. Au-delà des divergences entre gouvernements, ce qui se dessine en filigrane, c’est une inquiétante tendance à la concentration du pouvoir, à la manipulation du discours, et à l’effacement des contrepoids démocratiques.

Il ne s’agit pas ici de prendre parti, mais de mettre en garde. Car ce glissement vers une forme d’autoritarisme — que beaucoup pressentent sans toujours savoir le nommer — ne se manifeste pas d’un seul coup, mais par petites touches, dans les silences, les renversements de logique, les récits qui se contredisent.

En rapportant ces faits, mon but n’est pas d’attiser le feu, mais de le contenir. De nommer ce qui couve, avant que tout ne s’enflamme. De rappeler que la vigilance citoyenne commence là : dans l’attention aux mots, aux gestes, aux responsabilités qu’on esquive.




mardi 14 octobre 2025

Gaza, Donald Trump — The war is over — So he said.

Merci à Donald Trump (jamais je n’aurais cru dire ça), pour avoir mis fin à la guerre à Gaza. Israël, pour sa part, a célébré l’accord de paix en bombardant Gaza.

Selon certains, l’homme serait naturellement bon, mais c’est la société qui le corromprait. D’autres affirment au contraire que l’homme est intrinsèquement mauvais, égoïste et violent, et que seule la civilisation lui permet de vivre en société. Donald Trump. Benjamin Netanyahu. Pensez-y.

Ceci dit : « Gaza, Donald Trump — La guerre est finie — C’est ce qu’il a dit. »

Ce que l’administration américaine a réussi à obtenir — le cessez-le-feu et la libération des otages — constitue un pas de géant vers un retour à la paix.

Le plan proposé ne sera pas chose facile, mais il n’est pas non plus impossible. Du moins, c’est ce que tout le monde espère.

En attendant, n’ayons pas peur de crier victoire. Le bilan des 65 000 morts (plus ceux encore enfouis sous les décombres) devrait enfin cesser d’augmenter. Et cela devrait mettre un terme à la famine.

Selon un rapport de l’ONU daté du 22 août 2025, « la famine de masse est officiellement déclarée dans l’enclave palestinienne », touchant plus de 500 000 personnes dans un état qualifié de catastrophique.

Mais les Gazaouis ne sont pas pour autant au bout de leur peine. Même s’ils sont heureux de rentrer chez eux, 92 % de ce qui était leur chez-soi il y a deux ans est aujourd’hui détruit.

Pendant que Donald Trump se désole de ne pas avoir reçu le Prix Nobel de la paix pour sa réussite, je me désole pour les enfants orphelins de Gaza. Les laissés pour compte, que personne ne sait combien ils sont.

Le cessez-le-feu et l’aide alimentaire ne signifient encore rien pour eux.

Et c’est là que je vous le demande, que je vous en conjure, Président Trump : En pensant à vos propres enfants, vous avez le pouvoir d’agir pour eux — en priorité.

Voir : Opinion – Opinion-Infochao: Ils ont des visages d’enfants, mais portent le poids du monde

Cela ne vous vaudra peut-être pas le Prix Nobel de la paix, mais prouvera de votre humanité et je vous en serai éternellement reconnaissant.

Les 20 points du plan de paix proposé par l'administration américaine pour Gaza

Ce plan, dévoilé par le président Donald Trump le 29 septembre 2025, a été soutenu par Israël, mais reste en attente d'une réponse officielle du Hamas.

1.        Déradicalisation de Gaza : Le territoire sera libéré du terrorisme et ne représentera plus une menace pour ses voisins.

2.        Reconstruction humanitaire : Gaza sera reconstruite au bénéfice de ses habitants.

3.        Cessez-le-feu immédiat : Si les deux parties acceptent le plan, les hostilités cesseront immédiatement.

4.        Libération des otages : Tous les otages, vivants ou décédés, seront rendus dans les 72 heures suivant l’acceptation du plan.

5.        Retrait progressif des forces israéliennes : Un retrait par étapes sera mis en œuvre une fois les conditions remplies.

6.        Suspension des opérations militaires : Bombardements et offensives seront suspendus pendant la mise en œuvre.

7.        Création d’un Conseil de la paix : Ce conseil supervisera la reconstruction et l’administration de Gaza.

8.        Protection internationale : Une force de sécurité multinationale sera déployée pour garantir la stabilité.

9.        Démilitarisation complète : Toutes les armes lourdes et infrastructures militaires seront démantelées.

10.      Élections locales supervisées : Des élections démocratiques seront organisées sous supervision internationale.

11.      Liberté de circulation : Les habitants de Gaza pourront circuler librement dans le territoire.

12.      Accès humanitaire garanti : Les ONG et agences de l’ONU auront un accès sans entrave.

13.      Investissements étrangers : Des fonds seront mobilisés pour relancer l’économie locale.

14.      Programmes éducatifs et sociaux : Des initiatives seront lancées pour promouvoir la paix et la tolérance.

15.      Justice transitionnelle : Un mécanisme sera mis en place pour traiter les crimes de guerre et les abus.

16.      Reconnaissance mutuelle : Gaza et Israël devront reconnaître mutuellement leur droit à exister.

17.      Neutralité politique de Gaza : Le territoire ne pourra servir de base à des mouvements extrémistes.

18.      Engagement régional : Les pays voisins seront invités à soutenir le processus de paix.

19.      Suivi international : Un comité d’évaluation surveillera la mise en œuvre du plan.

20.      Sanctions en cas de non-respect : Des mesures seront prises contre toute partie qui violerait les termes du plan.





jeudi 25 septembre 2025

Gaza-Ralentissez. Il y a des enfants.

 

Un rappel modeste, presque tendre, que la vie fragile mérite qu’on freine, qu’on veille, qu’on protège.

Mais à Gaza, il n’y a plus de panneaux.

Il n’y a plus de routes.

Il n’y a plus de murs pour accrocher des mots d’espoir.

Il n’y a que des cris, des silences, des décombres.

Depuis près de deux ans, les bombardements israéliens ont ravagé la bande de Gaza.

Les hôpitaux sont détruits. Les écoles sont devenues des abris.

Et les abris, des cibles.

Près d’un million de personnes vivent aujourd’hui dans une ville où la famine est confirmée.

Les enfants meurent de malnutrition.

Les mères accouchent sans soins, parfois sous les bombes.

Les humanitaires tombent eux aussi, 540 morts depuis octobre 2023.

Et pendant que les corps s’amoncellent, les consciences vacillent.

Le Conseil de sécurité de l’ONU pleure son impuissance.

Des ONG parlent de génocide.

Des peuples manifestent, bloquent les ports, crient dans les rues : Palestine libre.

Mais les dirigeants, eux, tergiversent.

Ils parlent de diplomatie, de prudence, de géopolitique.

Ils parlent, pendant que des enfants meurent.

Alors que faut-il dire à ceux qui décident ?

À ceux qui signent les ordres de frappe depuis des bureaux protégés ?

À ceux qui regardent les chiffres, mais pas les visages ?

Ralentissez. Il y a des enfants.

Ceux que vous frappez pourraient être les vôtres.

Et si ce ne sont pas les vôtres, alors demandez-vous ce que cela dit de vous.

Un enfant dans les ruines ne comprend pas la géopolitique.

Il ne sait pas ce qu’est un veto, une frontière, une alliance.

Il sait seulement qu’il a faim. Qu’il a peur. Qu’il est seul.

Et nous, que savons-nous ?

Que l’Histoire nous regarde.

Que notre silence est une complicité.

Que notre inaction est une faute.

Il est temps d’agir.

Il est temps d’agir.

Pas demain. Pas après les négociations.

Maintenant.

Cessez-le-feu.

Accès humanitaire.

Protection des civils.

Sanctions contre ceux qui refusent la paix.

Et surtout, souvenez-vous :

Chaque bombe larguée sur Gaza est une bombe larguée sur notre humanité.

samedi 20 septembre 2025

La liberté d’expression aux États-Unis a-t-elle rejoint celle des régimes totalitaires?

L’affaire Jimmy Kimmel marque un tournant inquiétant dans l’évolution politique des États-Unis depuis la réélection de Donald Trump. Ce qui semblait relever de la satire ou du commentaire humoristique est désormais traité comme une menace à neutraliser. La suspension de l’émission Jimmy Kimmel Live! par le réseau ABC, à la suite de propos tenus par l’animateur sur l’assassinat de Charlie Kirk, soulève une question cruciale : assiste-t-on à une régression autoritaire de la liberté d’expression, orchestrée depuis les plus hautes sphères du pouvoir?

Qui est Jimmy Kimmel?

Jimmy Kimmel est l’animateur d’un late-night show diffusé depuis 2003 sur ABC. Héritier des émissions de Johnny Carson et Jay Leno, son programme mêle humour, interviews et commentaires sur l’actualité. Autrefois apolitiques, ces émissions ont évolué vers une forme de satire plus engagée. Kimmel, souvent critique envers l’administration Trump, est devenu une figure médiatique clivante. Le commentaire qui a tout déclenché

Lors d’une émission récente, Kimmel a déclaré :

« Nous avons atteint de nouveaux sommets ce week-end, la bande de MAGA tentant désespérément de présenter la personne qui a assassiné Charlie Kirk comme quelqu’un d’autre que l’un des leurs. Et ils font tout ce qu’ils peuvent pour en tirer des avantages politiques. »

Cette déclaration, bien que maladroite, ne justifiait pas en soi la suppression immédiate de l’émission. Pourtant, ABC a suspendu Jimmy Kimmel Live! sans préavis. Le président Trump s’est félicité de cette décision, affirmant que Kimmel avait été écarté non pour ses propos, mais pour son « manque de talent ». Il a ensuite évoqué la possibilité de retirer la licence des réseaux jugés trop critiques envers lui.

Une dérive autoritaire?

Ce geste s’inscrit dans une série d’actions préoccupantes :

•         Menaces contre les médias critiques, comme le New York Times et le Wall Street Journal, poursuivis pour des montants astronomiques

•         Réduction drastique des subventions aux universités promouvant la diversité

•         Pressions sur les diffuseurs pour qu’ils censurent les voix dissidentes

Ces mesures, selon plusieurs observateurs, visent à affaiblir les contre-pouvoirs essentiels à toute démocratie. L’ancien président Barack Obama a dénoncé « une menace directe à la liberté d’expression » et a appelé les entreprises médiatiques à ne pas céder à la pression politique.

La liberté d’expression à l’épreuve : contre-pouvoirs, mémoire historique et conscience citoyenne

Alors que les États-Unis se targuent d’être le bastion de la liberté d’expression, une inquiétude grandissante traverse les cercles intellectuels et démocratiques : les mécanismes de contre-pouvoir sont-ils encore suffisamment robustes pour freiner les dérives autoritaires?

Contre-pouvoirs : remparts fragilisés

Les contre-pouvoirs sont les piliers invisibles mais essentiels d’une démocratie vivante. Ils empêchent la concentration excessive du pouvoir et garantissent un équilibre entre les forces politiques, économiques et sociales. Parmi eux :

•         Les médias : garants de la transparence, ils sont aujourd’hui ciblés par des campagnes de dénigrement, des menaces de retrait de licences et des pressions économiques. Des émissions critiques ont été suspendues, et des journalistes intimidés ou discrédités.

•         Les universités et chercheurs : autrefois sanctuaires du débat, ils subissent des coupes budgétaires et des attaques idéologiques. Certains chercheurs sont accusés de « radicalisme » pour avoir simplement documenté des faits dérangeants.

          La justice : bien qu’elle résiste encore, sa politisation inquiète. Le remplacement de hauts responsables par des personnalités loyales au pouvoir exécutif compromet la neutralité des institutions.

•         Les réseaux sociaux : devenus arènes de censure ou de manipulation, ils sont soumis à des pressions pour modérer certains contenus, parfois au détriment du pluralisme.

Ces fragilités ne sont pas anecdotiques. Elles dessinent les contours d’un « autoritarisme compétitif », où les élections subsistent mais les règles du jeu sont biaisées.

Parallèles historiques : comprendre sans accuser

L’histoire n’est pas un tribunal, mais un miroir. Elle nous aide à reconnaître les dynamiques de pouvoir qui se répètent sous des formes nouvelles.

•         Jules César a contourné le Sénat pour s’imposer comme dictateur à vie.

•         Napoléon Bonaparte a utilisé le plébiscite et le contrôle de la presse pour légitimer son empire.

•         Adolf Hitler a exploité les peurs économiques et identitaires, manipulé les médias et désigné des ennemis intérieurs pour asseoir son pouvoir.

Ces figures ont en commun :

•         La personnalisation du pouvoir, où l’homme devient le système.

•         Le culte du chef, charismatique et infaillible.

•         La désignation d’un ennemi, souvent intérieur (minorités, intellectuels) ou extérieur (immigration, élites).

•         Le contrôle de l’information, par la propagande ou la censure.

Ces techniques ne sont pas l’apanage du passé. Elles réapparaissent dans des contextes démocratiques affaiblis, souvent sous des formes plus subtiles.

Responsabilité citoyenne : la démocratie ne s’auto-entretient pas

Face à ces dérives, le citoyen n’est pas un spectateur. Il est acteur, garant du pacte démocratique.

•         S’informer : au-delà des algorithmes, lire des sources variées, écouter des voix dissonantes.

•         Débattre : dans le respect, même avec ceux qui pensent autrement.

•         Voter : non par réflexe tribal, mais par choix éclairé.

•         Préserver l’esprit critique : par l’éducation civique, le dialogue intergénérationnel, la curiosité intellectuelle.

•         Agir sans haine : refuser les discours de division, défendre la liberté d’expression même pour ceux avec qui l’on est en désaccord.

La démocratie n’est pas un acquis. Elle est une pratique, une vigilance, une responsabilité partagée.

PS Les funérailles de Charlie Kirk. Un moment chargé de tristesse et de gravité. Charlie Kirk, 31 ans, a été abattu le 10 septembre dernier alors qu’il participait à un débat universitaire dans l’Utah. Une figure montante du camp conservateur, brutalement fauchée.

Cela dit, n’eût été l’intervention de Donald Trump dans la gestion de cet événement tragique, Charlie Kirk serait-il resté l’anonyme qu’il était encore, pour une grande partie des Américains, la veille de son assassinat ?

Charlie Kirk disait ce qu’il pensait. Cela ne justifie en rien qu’il ait été tué. Il aurait dû se sentir en sécurité, chez lui, aux États-Unis — ce pays qui se targue d’être le bastion de la liberté d’expression.

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Nouvelles restrictions du Pentagone : les journalistes contraints d'obtenir une autorisation pour publier des articles Le Pentagone déclare qu'il exigera des journalistes accrédités qu'ils signent un engagement à s'abstenir de rapporter des informations dont la diffusion n'a pas été autorisée, y compris des informations non classifiées.

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samedi 9 août 2025

La riposte canadienne face à l’augmentation des tarifs douaniers américains à 35 % du 1er août 2025

Merci à Donald Trump et à ses tarifs douaniers. Ils nous ont forcés à ouvrir les yeux sur une réalité méconnue mais incontestable : les États-Unis dépendent du Canada pour assurer leur sécurité alimentaire. Et ça, même Trump ne peut le changer.

Avant d’entrer dans le vif du sujet, plaçons les choses dans leur contexte.

Le premier ministre Mark Carney, lors de sa visite au port de Vancouver le dimanche 2 août, a déclaré :

« Nous avons toujours dit que nous appliquerons des tarifs là où ils auront un impact maximal aux États-Unis et un impact minimal au Canada. Alors nous n'ajustons pas automatiquement. »

À la lumière de cette déclaration, deux mesures s’imposent :

1️ Supprimer les contre-tarifs sur les produits américains importés

Cette stratégie punitive se retourne contre nous. Elle ne fait qu’augmenter le prix des marchandises pour les Canadiens, sans réellement affecter les États-Unis. Il est temps de cesser de nous tirer une balle dans le pied.

2️ Taxer les exportations canadiennes vitales pour les États-Unis

Voici les secteurs clés où le Canada peut exercer une pression stratégique :

Secteur clé

Valeur exportée (2024)

Importance pour les États-Unis

Impact en cas de restriction

Énergie (pétrole, gaz)

129,56 G$ CAD

1er fournisseur d’énergie

Hausse des prix, dépendance au Moyen-Orient

Automobiles et pièces

52,87 G$ CAD

Chaînes d’approvisionnement intégrées

Paralysie industrielle, pertes d’emplois

Machinerie industrielle

32,32 G$ CAD

Essentielle à la production manufacturière

Ralentissement, inflation

Bois et produits forestiers

11,67 G$ CAD

Construction, ameublement, papier

Hausse des coûts de construction

Aluminium

11,61 G$ CAD

Aéronautique, automobile, emballage

Pénurie de matériaux, ralentissement

Produits pharmaceutiques

8,67 G$ CAD

Médicaments et vaccins

Risque sanitaire, hausse des coûts

Potasse (engrais)

6,3 G$ CAD

Agriculture (maïs, soja)

Baisse des rendements, inflation alimentaire

Produits alimentaires

~20 G$ CAD

Fruits, légumes, viandes, céréales

Pénurie, inflation

Électricité

Variable

Québec alimente le Nord-Est américain

Risques de pannes, hausse des tarifs

Cuivre et métaux rares

En croissance

Électronique, batteries, défense

Dépendance à la Chine, ralentissement tech

🧪 Zoom sur la potasse : un levier stratégique

Peu de gens savent que les États-Unis dépendent massivement du Canada pour leur approvisionnement en potasse, un engrais essentiel à leur agriculture.

Le Canada est :

  • Le plus grand producteur mondial (21,9 M tonnes en 2023)
  • Le plus grand exportateur mondial (22,8 M tonnes)
  • Le détenteur des plus grandes réserves mondiales (1,1 milliard de tonnes)

La Saskatchewan est le cœur de cette industrie, abritant les principaux sites miniers.

📊 Données clés sur les exportations canadiennes de potasse

  • En 2023, le Canada a exporté 22,8 M tonnes de potasse
  • 46 % sont allées aux États-Unis (≈10,5 M tonnes)
  • Les autres destinations :
    • Brésil : 19 %
    • Chine : 8 %
    • Autres pays : 27 %

Dépendance américaine

  • Les États-Unis importent 93 % de leur potasse
  • Le Canada fournit entre 79 % et 90 % de ces importations
  • Autres fournisseurs : Russie (11 %), Biélorussie (4 %), Israël (3 %)

La potasse est indispensable pour :

  • Augmenter les rendements agricoles
  • Renforcer la résistance des plantes
  • Améliorer la rétention d’eau

💰 Parlons argent : ce que vaut la potasse canadienne pour les États-Unis

  • Prix moyen en 2023 : ≈600 $ CAD/tonne
  • 10,5 M tonnes × 600 $ CAD = ≈6,3 milliards $ CAD

👉 Si le Canada imposait un tarif de 50 %, il récupérerait ≈3,15 milliards $ CAD. Un juste retour des choses face aux droits de douane de 50 % imposés par Trump sur l’acier et l’aluminium canadiens.

⚖️ Vers une riposte équilibrée

Une fois la potasse taxée, le Canada pourrait appliquer une démarche similaire aux autres exportations vitales. Pas nécessairement à 50 %, mais avec une logique de réciprocité. Si Trump fait preuve de clémence sur certains produits, le Canada saura répondre avec la même mesure.

Un peuple souverain et fier

Payer des droits de douane comme on paierait une taxe de protection... Le commerce mondial ressemble de plus en plus à une zone de non-droit. Quand la diplomatie se fait à coups de surtaxes, qui peut encore parler de partenariat ? Le Canada ne se laissera pas dicter sa politique commerciale par un homme dont l’objectif semble être de semer le chaos économique. Selon un récent sondage de la firme Angus Reid, deux tiers des Canadiens appellent à une ligne dure dans les négociations avec Trump.

Il est temps d’agir avec fermeté, stratégie et dignité.

Mise à jour : 27 août 2025

Le 22 août dernier, Mark Carney a annoncé le retrait des contre-tarifs sur les produits américains couverts par l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM), à compter du 1er septembre. Une décision judicieuse, qui offrira un peu de répit aux PME canadiennes.

Cette mesure visait à amadouer Donald Trump :

• Pour qu’il réduise les tarifs de 35 % sur les importations de produits canadiens non couverts par l’ACEUM

• Et pour faciliter la renégociation de l’Accord, qui arrive à échéance en 2026

Cela dit, je doute que cette stratégie suffise à attendrir Donald Trump — tout comme l’abandon de la taxe numérique de 3 % destinée aux géants du Web n’a rien donné.

Le seul langage que Donald Trump semble comprendre, c’est celui de la force. C’est pourquoi en plus de retirer les contre-tarifs, il aurait fallu imposer des taxes sur les exportations canadiennes vitales pour les États-Unis.

Quoi qu’il en soit, tout accord négocié avec Donald Trump n’est jamais garanti, ainsi qu'on peut le voir dans l'article qui suit : L'UE face à une nouvelle menace tarifaire de Donald Trump

« L'alliance fragile entre l'Union européenne et les États-Unis a pris un nouveau tournant après que Donald Trump a menacé, contre toute attente, d'imposer des "droits de douane supplémentaires substantiels" aux pays qui mettent en œuvre une législation ciblant les entreprises technologiques américaines, "à moins que ces actions discriminatoires ne soient supprimées". 

Selon l’histoire : Dans une guerre — car des mesures tarifaires injustifiées imposées à ses partenaires commerciaux s’apparentent bel et bien à une forme de guerre économique — celui qui en prend l’initiative ne peut s’attendre qu’à des représailles. C’est la logique implacable des rapports de force.

À lire aussi : les rédacteurs du Wall Street Journal avertissent que le Parti républicain pourrait « regretter » son incapacité à résister aux « excès » de Trump 16-09-2025

Le 17-10-2025 Jean Charest répond aux questions sur la guerre commerciale

Former premier Jean Charest files lawsuit against Quebec government ... Jean Charest, 29e premier ministre du Québec et associé chez Therrien Couture Joli-Coeur.

Ce qu’il dit dans ses réponses sur la guerre commerciale avec les États-Unis, ressemblent beaucoup à ce que je disais dans mon article du 9 août 2025 : Opinion-Infochao: La riposte canadienne face à l’augmentation des tarifs douaniers américains à 35 % du 1er août 2025

Tout d’abord il remercie Donald Trump. Pour nous forcer à faire trois choses : revoir notre économie, notre fédéralisme (le faire fonctionner efficacement) et troisièmement, revoir notre position dans le monde.

Supprimer les contre-tarifs sur les produits américains importés. Il n’y avait que le Canada et la Chine qui imposait des contres tarifs. La différence, c’est que la Chine pouvait le faire comme super puissance, pas le Canada.

Ce qui est important pour le Canada c’est de préserver et protéger le libre échange qui existe déjà et qui protège 85 à 95 % des produits, la marchandise qui est exportée aux États-Unis.

Dans le domaine de l’acier, c’est la Chine qui cause le plus de dommage en déstabilisant les marchés et en les inondant d’un produit à faible coût. Par contre le Canada est le principal fournisseur d’acier aux États-Unis. Et ceux qui souffrent le plus, c’est vrai pour la l’aluminium, des tarifs de M. Trump c’est l’industrie automobile américaine qui perd des dizaines de milliards de dollars.  

Les atouts stratégiques du Canada.

L’énergie: Pétrole, Gaz ou on peut facilement déstabiliser le marché américain. Pour le pétrole, il faut savoir que depuis 30 ans on le vend à rabais aux Américains, alors qu’il est l’une de nos principales sources de revenus de nos importations.

Les minéraux stratégiques, nous en avons, incluant au Québec pis dans le Nord-du-Québec : des terres rares et d’autres lithiums, graphite, cuivre nickel, etc.

Nous avons la potasse. On est le principal, presque le seul fournisseur de potasse qui est un fertilisant pour le secteur agricole. Et nous avons de l’uranium et autres. 

Comme représailles aux tarifs douaniers, le Canada pourrait taxer les exportations canadiennes vitales pour les États-Unis. Je suis content de voir qu’un ex premier ministre de trois mandants et moi partageons cette idée.

Tout comme moi il pense qu’une politique d’achat canadien c’est de bon augure et plein de bon sens », son gouvernement avait fait « Aliments Québec ». Mais sur l’achat des aliments dit-il, le facteur encore déterminant aujourd’hui, c’est le prix. Je dirais même que de nos jours, le prix est encore plus important, à cause de l’inflation incontrôlée.