mardi 4 mars 2025

À 00h01, le président Trump a déclenché la plus grande guerre commerciale de l’histoire

Il commence avec le Canada, le Mexique et la Chine. Mais il dit aussi que l'Union européenne (UE) sera prochainement visée par une taxe de 25% sur ses produits à destination du marché américain. Son but premier étant de rééquilibrer la balance commerciale américaine, financer en partie sa promesse de baisser les impôts et imposer «le respect» aux partenaires des Etats-Unis. Cette taxe de 25% sera éventuellement imposée à tous les pays qui commercent avec les États-Unis.

Une menace qu’il martèle depuis sa réélection. Mais pourquoi ? Les avis divergent, mais, en résumé, il semble tirer parti de l’expérience acquise durant son premier mandat pour redonner sa grandeur à l’Amérique.

D’ailleurs il suffit d’écouter ce qu’il dit.

Après la tentative d’assassinat dont il a été victime en juillet 2024, il a déclaré devoir sa survie à une intervention divine. Selon lui, Dieu lui aurait permis de survivre pour qu’il puisse continuer à œuvrer à la restauration de la grandeur de l’Amérique.

Beaucoup le qualifient d’imprévisible, mais il ne l’est pas. Il annonce clairement, et à plusieurs reprises, ses intentions. Cependant, celles-ci sont si invraisemblables que personne ne les prend au sérieux ou ne veut y croire. Parmi ses projets figurent :

Pour atteindre ses objectifs, il n’hésite pas à utiliser tous les moyens à sa disposition, y compris l’imposition de tarifs douaniers qu’il justifie souvent à l’aide de données exagérées, voire erronées. Il a même déclaré qu’il pourrait recourir à la force si nécessaire.

Peu de gens osent le contredire. Quant à son entourage, il est inutile d’en parler : il a été soigneusement sélectionné par lui pour sa loyauté indéfectible. Ceux qui ont accès à la Maison-Blanche savent qu’il vaut mieux être en accord avec ses propos, sous peine d’être rapidement écartés. Nous avons tous été témoins de ce qui s’est passé avec le président Zelensky. Et il faut dire que l’homme impressionne, d’autant plus qu’il dirige la nation la plus puissante du monde.

Cependant, être à la tête de la nation la plus puissante du monde ne signifie pas être plus fort que l’ensemble des pays qu’il projette d'affronter dans une guerre tarifaire. Face à cela, la réponse est simple : s’unir et riposter. Ainsi, il comprendra, ou le peuple américain lui fera comprendre, que ce n’est pas de cette manière qu’il restaurera la grandeur de l’Amérique. Le plus difficile, c’est de s’allier, parce qu’évidemment, les mesures à prendre vont faire mal. Mais le monde libre n’a pas d’autre choix que de répliquer.

Déjà, les marchés boursiers s’effondrent. C’est le premier signe que ça va faire mal.

Mise à jour 05-03-2025 : Donald Trump, cet homme qui se plaint, à qui veut bien l’écouter, que le Canada ne respecte pas les États-Unis, n’hésite pourtant pas à qualifier le Canada de « naughty - vilain » et à tourner en dérision son premier ministre en le désignant comme le gouverneur du 51e État américain. Lui, le président des États-Unis, qui ne respecte ni les institutions ni les accords, même ceux qu’il a lui-même signés, comme l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM), censé protéger le Canada, les États-Unis et le Mexique contre des droits de douane de 25 %. Ce même Donald Trump qui a récemment cité cette phrase attribuée à Napoléon Bonaparte : « Celui qui sauve son pays ne viole aucune loi. » Était-ce pour justifier ses actions controversées, voire pour se placer au-dessus des lois, comme le prétendent certains critiques ?

Et voilà qu’il en rajoute une couche à la suite d’une conversation téléphonique avec Justin Trudeau, le premier ministre du Canada.

Traduction :

Justin Trudeau, du Canada, m’a appelé pour discuter des tarifs douaniers. Je lui ai expliqué que de nombreuses personnes avaient perdu la vie à cause du fentanyl traversant les frontières du Canada et du Mexique, et rien ne m’avait convaincu que cela avait cessé. Il m’a assuré que la situation s’était améliorée, mais j’ai répondu que « ce n’était pas suffisant ». L’appel s’est terminé de manière « plutôt » amicale. Cependant, il n’a pas été en mesure de me dire quand les élections canadiennes auraient lieu, ce qui m’a intrigué. Je me suis demandé : que se passe-t-il ici ? J’ai alors réalisé qu’il tentait probablement d’utiliser ce problème pour rester au pouvoir. Bonne chance, Justin !

Au risque de me répéter, la vérité c'est que le fentanyl entrant aux États-Unis depuis le Canada représente moins de 1 %. De plus, 90 % des trafiquants de fentanyl sont des citoyens américains, selon la présidente du Mexique, Claudia Sheinbaum. Le fentanyl est un fléau qu’il faut combattre, et Donald Trump a raison sur ce point. On ne peut donc pas lui en vouloir de demander au Canada d'éliminer le 1% du fentanyl qui traverse la frontière vers les États-Unis. Mais cela ne changera pas grand-chose si lui-même ne fait rien contre 90% des trafiquants de fentanyl qui sont des citoyens américains. Ce serait comme « voir la paille dans l’œil du voisin et ne pas voir la poutre dans le sien » et ne rien faire.

Donald Trump le sait, mais ce qu'il veut réellement, c’est annexer le Canada pour s’emparer de ses richesses naturelles : son pétrole, son gaz naturel, son eau, ses forêts, son électricité, son aluminium et ses métaux critiques. Et pour y parvenir, il utilise de faux prétextes : le fentanyl pour justifier les tarifs douaniers, et les tarifs douaniers pour anéantir l’économie canadienne. Il espère ainsi que les Canadiens finiront par accepter de devenir le 51e État américain. Mais cela n’arrivera pas. Comme l’a dit Jean Chrétien, ancien premier ministre du Canada : « Trump a accompli une chose : il a uni les Canadiens comme jamais auparavant ! Tous les dirigeants du pays se sont rassemblés pour défendre les intérêts du Canada. »


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