Il commence avec le Canada, le Mexique
et la Chine. Mais il dit aussi que l'Union européenne (UE) sera prochainement
visée par une taxe de 25% sur ses produits à destination du marché américain. Son
but premier étant de rééquilibrer la balance commerciale américaine, financer en partie
sa promesse de baisser les impôts et imposer «le respect» aux partenaires des
Etats-Unis. Cette taxe de 25% sera éventuellement imposée à tous les pays
qui commercent avec les États-Unis.
Une menace qu’il martèle depuis
sa réélection. Mais pourquoi ? Les avis divergent, mais, en résumé, il semble
tirer parti de l’expérience acquise durant son premier mandat pour redonner sa grandeur
à l’Amérique.
D’ailleurs il suffit d’écouter
ce qu’il dit.
Après la tentative d’assassinat
dont il a été victime en juillet 2024, il a déclaré devoir sa survie à une
intervention divine. Selon lui, Dieu lui aurait permis de survivre pour qu’il
puisse continuer à œuvrer à la restauration de la grandeur de l’Amérique.
Beaucoup le qualifient
d’imprévisible, mais il ne l’est pas. Il annonce clairement, et à plusieurs
reprises, ses intentions. Cependant, celles-ci sont si invraisemblables que
personne ne les prend au sérieux ou ne veut y croire. Parmi ses projets
figurent :
- Rebaptiser le golfe du Mexique ; (Le golfe ou le « golf » du Mexique ? | La Presse)
- Reprendre le contrôle du canal de Panama ; (Canal de Panama: le président Mulino accuse Trump de mensonge)
- Annexer le Groenland ; (Le Groenland rejette les ambitions de Trump pour acquérir l'île)
- Prendre possession de la bande de Gaza ; («Les bras m'en sont tombés»: Donald Trump veut prendre le contrôle de Gaza | TVA Nouvelles)
- S’emparer des terres rares ukrainiennes ; (Ukraine : quelles sont les richesses minières convoitées par Donald Trump ?)
- Faire du Canada le 51ᵉ État américain ; (la menace de trump d'annexer le canada - Recherche News)
- Et bien d’autres encore si l’on ne lui barre pas la route.
Pour atteindre ses objectifs,
il n’hésite pas à utiliser tous les moyens à sa disposition, y compris
l’imposition de tarifs douaniers qu’il justifie souvent à l’aide de données
exagérées, voire erronées. Il a même déclaré qu’il pourrait recourir à la force
si nécessaire.
Peu de gens osent le
contredire. Quant à son entourage, il est inutile d’en parler : il a été
soigneusement sélectionné par lui pour sa loyauté indéfectible. Ceux qui ont
accès à la Maison-Blanche savent qu’il vaut mieux être en accord avec ses
propos, sous peine d’être rapidement écartés. Nous avons tous été témoins de ce
qui s’est passé avec le président Zelensky. Et il faut dire que l’homme
impressionne, d’autant plus qu’il dirige la nation la plus puissante du monde.
Cependant, être à la tête de la
nation la plus puissante du monde ne signifie pas être plus fort que l’ensemble des pays
qu’il projette d'affronter dans une guerre tarifaire. Face à cela, la réponse est
simple : s’unir et riposter. Ainsi, il comprendra, ou le peuple américain lui
fera comprendre, que ce n’est pas de cette manière qu’il restaurera la grandeur
de l’Amérique. Le plus difficile, c’est de s’allier, parce qu’évidemment, les
mesures à prendre vont faire mal. Mais le monde libre n’a pas d’autre choix que
de répliquer.
Et voilà qu’il en rajoute une
couche à la suite d’une conversation téléphonique avec Justin Trudeau, le
premier ministre du Canada.
Traduction :
Justin Trudeau, du Canada, m’a
appelé pour discuter des tarifs douaniers. Je lui ai expliqué que de nombreuses
personnes avaient perdu la vie à cause du fentanyl traversant les frontières du
Canada et du Mexique, et rien ne m’avait convaincu que cela avait cessé. Il m’a
assuré que la situation s’était améliorée, mais j’ai répondu que « ce n’était
pas suffisant ». L’appel s’est terminé de manière « plutôt » amicale.
Cependant, il n’a pas été en mesure de me dire quand les élections canadiennes
auraient lieu, ce qui m’a intrigué. Je me suis demandé : que se passe-t-il ici
? J’ai alors réalisé qu’il tentait probablement d’utiliser ce problème pour
rester au pouvoir. Bonne chance, Justin !
Au risque de me répéter, la vérité c'est que le fentanyl entrant aux États-Unis depuis le Canada représente moins de 1 %. De plus, 90 % des trafiquants de fentanyl sont des citoyens américains, selon la présidente du Mexique, Claudia Sheinbaum. Le fentanyl est un fléau qu’il faut combattre, et Donald Trump a raison sur ce point. On ne peut donc pas lui en vouloir de demander au Canada d'éliminer le 1% du fentanyl qui traverse la frontière vers les États-Unis. Mais cela ne changera pas grand-chose si lui-même ne fait rien contre 90% des trafiquants de fentanyl qui sont des citoyens américains. Ce serait comme « voir la paille dans l’œil du voisin et ne pas voir la poutre dans le sien » et ne rien faire.
Donald Trump le sait, mais ce qu'il veut
réellement, c’est annexer le Canada pour s’emparer de ses richesses naturelles
: son pétrole, son gaz naturel, son eau, ses forêts, son électricité, son aluminium et ses
métaux critiques. Et pour y parvenir, il utilise de faux prétextes : le
fentanyl pour justifier les tarifs douaniers, et les tarifs douaniers pour
anéantir l’économie canadienne. Il espère ainsi que les Canadiens finiront par
accepter de devenir le 51e État américain. Mais cela n’arrivera pas. Comme l’a
dit Jean Chrétien, ancien premier ministre du Canada : « Trump a accompli une
chose : il a uni les Canadiens comme jamais auparavant ! Tous les dirigeants du
pays se sont rassemblés pour défendre les intérêts du Canada. »


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