Les feux de forêt, pour ceux qui ne le savent pas — et il y en a —
peuvent se déclarer n’importe où. Il suffit que trois conditions soient réunies
dans le temps et dans l’espace :
- un
combustible doit être présent, comme du bois ou de l’huile ;
- l’air
doit fournir suffisamment d’oxygène pour permettre la combustion ;
- une
source d’énergie, comme une chaleur ou des étincelles, doit initier la
combustion.
Or, le Nord canadien, avec ses forêts immenses, augmente d’autant plus
les risques que ces conditions soient réunies. En date du 19 juillet, on
dénombrait 957 feux actifs au Canada et près de 3 000 000 d’hectares
de forêts brûlées.
Les feux de forêt font partie des catastrophes naturelles au même titre
que les tremblements de terre, les inondations ou les ouragans. Pour autant,
menace-t-on de droits de douane les pays aux prises avec de telles catastrophes
? Non. Par bonheur, la communauté internationale se mobilise
généralement pour leur venir en aide.
Pourtant, à Washington…
Le président Donald Trump a menacé, vendredi 17 juillet, d’augmenter les
droits de douane contre le Canada en raison de la fumée provenant des incendies
de forêt en Ontario qui recouvre certaines régions des États-Unis. Plusieurs
élus républicains ont amplifié ces critiques, accusant le Canada de « mauvaise
gestion » et de « négligence ».
Trump a déclaré :
« Le Canada doit payer pour cette fumée. S’ils ne contrôlent pas leurs
feux, nous allons ajouter des tarifs. » (Source : déclarations publiques
rapportées par plusieurs médias américains.)
Il a même ajouté :
« Nous ne pouvons pas laisser un pays étranger polluer notre air. »
(Source : conférence de presse à Washington.)
Une mémoire sélective
Le président Trump semble avoir oublié les incendies majeurs qui ont
ravagé les États-Unis en 2023 — au Montana, en Oregon et en Californie. À
l’époque, plusieurs États américains avaient demandé de l’aide internationale.
Le Canada avait répondu présent.
Le Canada a envoyé :
·
des pompiers forestiers spécialisés ;
·
des experts en gestion de feux majeurs ;
·
et des avions-citernes, selon les besoins locaux.
Plus récemment, à l’été 2024, des pompiers canadiens ont été déployés
dans :
·
l’État de Washington ;
l’Oregon ;
·
l’Idaho ; pour soutenir les équipes
américaines lors d’une série de feux extrêmes alimentés par une sécheresse
prolongée.
Cette aide s’inscrivait dans l’Accord de coopération
Canada–États-Unis sur la gestion des feux de forêt, en vigueur depuis 1982.
Une aide américaine devenue incertaine
Depuis son retour au pouvoir, Trump n’a pas « coupé » les budgets des
agences d’aide aux sinistrés comme la FEMA. En revanche, selon une analyse de
l’Associated Press, il a ralenti ou refusé davantage de demandes d’aide
fédérale en cas de catastrophe, souvent dans des États qui ne lui sont pas
politiquement favorables.
Partant de là on peut présumer que l’aide américaine n’est plus
garantie, ni rapide, ni neutre.
