Depuis février 2025, le Canada a tout fait pour préserver sa relation
commerciale avec les États‑Unis. Et ce, malgré les menaces, les humiliations et
les vagues successives de tarifs imposées par Washington.
Un an et demi d’humiliations et de menaces
Depuis son retour à la Maison-Blanche, Donald Trump multiplie les
déclarations hostiles envers le Canada. Un jour, il affirme vouloir faire du
pays le « 51e État ». Le lendemain, il déclare que les États-Unis « n’ont pas
besoin du Canada ». Quelques semaines plus tard, il répète que « le Canada ne
peut pas vivre sans l’Amérique ».
Malgré ces attaques, Ottawa a offert des concessions majeures, espérant
relancer le dialogue et éviter l’escalade. Chacun se souviendra des quatre
gestes les plus importants :
1. Abandon de la taxe sur les services
numériques (Digital Services Tax)
Retrait complet de la taxe visant Google, Meta et Amazon — un irritant
majeur pour Washington.
2. Retrait élargi des tarifs de représailles
canadiens
Ottawa retire davantage de contre‑tarifs que ce qui avait été annoncé
publiquement, dans l’espoir d’éviter une nouvelle vague de sanctions
américaines.
3. Abandon des frais sur le contenu de
streaming
Suppression des charges imposées à Netflix, Disney+ et autres
plateformes, perçues par Washington comme une barrière commerciale déguisée.
4. Concession sur le pont Gordie Howe
(Windsor–Detroit)
Le Canada accepte de partager les revenus des péages du pont… qu’il a
pourtant financé entièrement.
Aucune de ces concessions n’a produit le moindre apaisement. Au
contraire : elles ont été suivies par de nouvelles menaces, de nouvelles
humiliations et, finalement, par une nouvelle série de tarifs de 50 % visant
explicitement à affaiblir l’économie canadienne.
Une erreur stratégique répétée
Fort de ses acquis, Trump semblait croire qu’en continuant sur sa
lancée, il finirait par s’emparer des ressources canadiennes — la dernière
étape avant de faire du Canada le « 51e État ».
En voulant imposer des tarifs de 50 % sur des centaines de produits
canadiens, Trump a commis la même erreur stratégique que lorsqu’il a tenté de
briser l’Iran par la force : croire qu’un choc brutal suffirait à faire plier
un État.
Le Premier Ministre du Canada, Mark Carney a eu raison de mettre fin aux
négociations
Face à des demandes américaines qui n’arrêtaient pas de changer, Mark
Carney a mis fin aux négociations. « Mieux vaut pas d’accord qu’un mauvais
accord ». Surtout quand on voit que Donald Trump ne respecte même pas l’accord
de l’ACEUM.
Comprendre pourquoi le Canada aurait perdu,
même en signant cet accord
Pour visualiser le principe, imaginons une ligne plancher
représentant la situation normale : aucun tarif.
Quand Donald Trump impose des tarifs de 50 % au Canada, il nous
place sous cette ligne. Même si Ottawa avait accepté toutes les
concessions exigées, au mieux, le Canada serait simplement remonté au
niveau plancher, c’est‑à‑dire la ligne “aucun tarif”. Et encore : à
condition que Trump ait réellement annulé ses tarifs.
Mais les concessions, elles, seraient restées. Autrement dit : même en
revenant à zéro tarif, le Canada aurait perdu davantage que ce qu’il aurait
récupéré.
Et au pire, ces concessions auraient fait perdre au pays encore
plus que les tarifs de 50 % eux‑mêmes.
L’exemple le plus clair : les quatre concessions majeures que le
Canada a déjà faites — et qui n’ont pas suffi à éliminer les autres
tarifs douaniers imposés par Trump depuis sa réélection du 20 janvier 2025.
La guerre commerciale déclenchée par Washington se poursuit, et elle
fera mal des deux côtés de la frontière. Mais le Canada est un pays résilient,
déterminé à défendre sa souveraineté économique et culturelle.
Les atouts du Canada pour se défendre
Face à des tarifs punitifs sans justification économique, Ottawa n’a
plus le luxe de temporiser. Les gestes de bonne volonté ont été ignorés. Les
humiliations publiques se sont multipliées. Le Canada doit maintenant passer de
la défensive à la riposte.
1. Imposer des contre‑tarifs massifs et ciblés
Frapper les États-Unis là où cela fait politiquement mal :
- l’automobile
américaine (Michigan, Ohio, Pennsylvanie),
- l’acier
et l’aluminium,
- les
produits agricoles stratégiques.
2. Restreindre l’accès des entreprises
américaines aux marchés publics
Exclure temporairement certaines firmes américaines des grands projets
fédéraux et conditionner l’accès aux marchés publics à la levée des tarifs
injustifiés.
3. Utiliser l’énergie comme levier stratégique et taxer les exportations canadiennes vitales pour les États-Unis: Opinion-Infochao: La riposte canadienne face à l’augmentation des tarifs douaniers américains à 35 % du 1er août 2025
Réviser certaines conditions d’exportation, réorienter une partie des
flux vers l’Europe ou l’Asie, imposer des exigences plus strictes sur les
infrastructures transfrontalières.
4. Accélérer la diversification commerciale
- Renforcer
les chaînes d’approvisionnement nationales et interprovinciales.
- Développer
les corridors commerciaux avec l’Europe, l’Asie et l’Amérique latine.
- Soutenir
les entreprises qui veulent réduire leur dépendance au marché américain.
5. Contester systématiquement les tarifs
devant l’ACEUM et l’OMC
Documenter l’absence de justification économique, déposer des plaintes
formelles, obtenir le droit à des contre‑mesures autorisées.
Conclusion : le temps de la retenue est
terminé
Le Canada a tenté la diplomatie, la patience et les concessions. Washington a répondu par l’escalade. L’échec des négociations marque un tournant : Ottawa doit désormais défendre fermement sa souveraineté économique, culturelle et stratégique.
Parlant de souveraineté économique. Selon le premier ministre, Washington aurait notamment cherché à limiter la capacité du Canada à conclure des accords commerciaux avec d’autres pays.
Mise
à jour le 25-08-2026 :
Voici les exigences américaines que le Canada a refusé
d’accepter
