Guerre commerciale : Trump menace d’imposer des tarifs sans entente avec le Canada
Cette annonce survient au
lendemain de la rencontre entre le ministre canadien responsable du Commerce
Canada–États-Unis, Dominic LeBlanc, et le secrétaire au Commerce, Howard Lutnick.
M. LeBlanc se disait « encouragé » par sa rencontre de jeudi soir qu’il a qualifiée de productive et de cordiale.
Il semble toutefois que le président américain ait perçu les choses tout autrement. Sinon pourquoi aurait-il déclaré que les États-Unis pourraient ne pas parvenir à un accord commercial négocié avec le Canada, laissant entendre que son administration pourrait fixer unilatéralement des droits de douane de 35 % sur les importations canadiennes dès le 1er août. Une menace qui s’ajoute à une série de mesures tarifaires déjà en place sur l’acier, l’aluminium, les automobiles et bientôt le cuivre.
« Nous n'avons pas vraiment eu
beaucoup de chance avec le Canada. Je pense que le Canada pourrait être l'un
des pays où il n'y a qu'un tarif, et pas vraiment de négociations. » — Donald
Trump
Mais qui n’a pas eu de
chance, vraiment ?
Le Canada, depuis le retour de Trump à la Maison-Blanche, vit sous une pression
constante : menaces d’annexion, revirements diplomatiques, et une guerre
commerciale qui ne dit pas son nom. Depuis janvier, les tarifs douaniers
américains ont déjà coûté 155 milliards de dollars aux entreprises canadiennes.
Depuis son élection, Trump a
redéfini le mot « accord » : pour lui, c’est une soumission à ses diktats. Il
impose, puis négocie. Il menace, puis exige.
Voyons ce que cela veut dire concrètement :
Le président américain Donald Trump a annoncé, mardi 22 juillet, la conclusion d’un accord commercial qu’il qualifie d’« énorme » avec le Japon. Selon les termes de l’entente, les droits de douane sur les importations japonaises seront ramenés à 15 %, plutôt que les 25 % initialement menacés par l’administration Trump. Les surtaxes de 50 % sur l’acier et l’aluminium pourraient rester en vigueur pour certains produits, Trump les qualifiant de « mondiales et donc durables. » En échange, le Japon s’est engagé à investir quelque 550 milliards de dollars aux États-Unis, bien que les détails de ces investissements soient encore flous.
Dans la foulée, Washington a également conclu un accord commercial préliminaire avec l’Union européenne, réduisant les droits de douane sur la majorité des produits européens à 15 %. Selon Donald Trump, l’UE aurait accepté en retour d’importer pour 750 milliards de dollars de combustibles nucléaires et d’hydrocarbures américains sur une période de trois ans. *Ursula Von der Leyen, présidente de la Commission européenne, a confirmé ce calendrier.
Toujours d’après le président Trump, les 27 pays de l’Union se seraient
engagés à augmenter de plus de 600 milliards de dollars leurs investissements
aux États-Unis et à acheter du matériel militaire américain. Il a aussi laissé
entendre que les surtaxes mondiales de 50 % sur l’acier et l’aluminium
pourraient être maintenues pour certains produits, qualifiant cette mesure de «
mondiale » et donc durable.
Comme je le soulignais, Donald Trump semble avoir redéfini le terme «
accord » — et je ne suis pas le seul à en faire la remarque. Plusieurs voix
européennes se sont élevées pour contester cette entente. Le premier ministre
français François Bayrou a déclaré : « Accord Von der Leyen-Trump : c’est un
jour sombre que celui où une alliance de peuples libres, rassemblés pour
affirmer leurs valeurs et défendre leurs intérêts, se résout à la soumission. »
Son homologue espagnol Pedro Sanchez a quant à lui exprimé un enthousiasme plus
que réservé.
L’administration Trump affirme en outre avoir conclu des accords avec les Philippines, le Royaume-Uni, l’Indonésie et le Viêtnam.
Mais quel type d’accord ? Très certainement dans la même veine que ceux passés
avec l’UE et le Japon : des compromis où le mot « libre-échange » semble de
plus en plus malléable.
Ce genre d’accord, ou l’on perd sa chemise sans rien obtenir, les Canadiens n’en veulent pas. Voici ce qu’ils veulent que leur premier ministre, Mark Carney, fasse si Donald Trump imposait ses tarifs de façon unilatérale :
- Qu'il réactive la taxe numérique de 3 % sur les géants du Web (Google, Amazon, Meta), que le Canada a suspendue sous pression américaine. Cette taxe visait à corriger une injustice fiscale flagrante : des milliards de revenus générés au Canada sans contribution équitable.
- Qu'il abandonne les contre-tarifs classiques. Ils pénalisent les Canadiens. L’objectif n’est pas de se tirer une balle dans le pied, laissons Trump se tirer dans le pied : Grogne au Vermont
- Qu'il remplace les contre-tarifs par des tarifs à l’exportation sur des ressources stratégiques — électricité, métaux rares, cuivre — dont les États-Unis dépendent. Ces tarifs seraient équivalents à ceux imposés par Trump sur les produits canadiens.
- Diversifier les marchés d’exportation Les États-Unis ont longtemps été le plan
A
des exportations canadiennes. Ce n’est plus le cas. Face à l’imprévisibilité de
l’administration Trump et à l’escalade tarifaire, le Canada doit désormais
activer son plan B : accélérer l’ouverture de nouveaux débouchés
commerciaux, notamment en Asie, en Europe, et ailleurs dans le monde. Ce virage stratégique n’est pas un rejet de nos voisins du Sud, mais une
nécessité
économique. Chers amis américains, ne le
prenez pas mal — c’est temporaire. Mais tant que le libre-échange sera confondu
avec la soumission, nous n’avons d’autre choix que de chercher ailleurs des
partenaires qui respectent les règles du jeu.
Cette guerre commerciale est
injuste, contre-productive et dangereuse. Elle ne vient pas du Canada. Elle
vient de Donald Trump, de lui seul. Même des élus républicains peinent à
rester silencieux face aux conséquences désastreuses sur l’économie américaine.
Parlant de conséquences désastreuses en voici deux à titre d’exemple : Les produits américains sont boudés par 72 % des Canadiens
Et c’est sans parler des 76 % de Canadiens qui
ne veulent plus prendre de vacances aux États-Unis. Et pour cause, les
histoires de reconduite à la frontière ou de détention se sont multipliées au
cours des mois qui ont suivi le début du second mandat de Donald Trump.
Il faut savoir que 20,4 millions de Canadiens se sont rendus aux États-Unis en 2024. Ces touristes ont dépensé 20,5 milliards de dollars et soutenu 140 000 emplois américains.
Une perte estimée de 76% en 2025 représente : 15,504 millions de touristes en moins; Un manque à gagner de 15,589 milliards; Et 106 400 emplois perdus.
Alors pourquoi cette escalade ? L’histoire a montré que les empires économiques s’effondrent toujours sur leur propre arrogance.
Parlant d’arrogance,
Howard Lutnick devant les caméras ce 31 juillet « Donald
Trump et son équipe ont prouvé que l’Union européenne paie, le Japon paie, la
Corée paie, le Vietnam paie, les Philippines paient, L’Indonésie paie. Ils sont
tous à genou pour payer » disait-il, un sourire fendu jusqu’aux oreilles.
Mise à jour le 31-07-2025 : Trump menace le canada : un accord commercial en péril à cause de la Palestine ? Non content d’imposer ses taxes à l’importation, Trump cherche désormais à dicter ses orientations politiques au Canada. Cette posture révèle aux pays liés par un accord commercial qu’aucune entente n’est à l’abri d’un revirement unilatéral, s’ils s’écartent de la ligne idéologique tracée par sa pensée.
* L'Union européenne Qui aurait pu contrer Donald Trump ? Qui aurait pu éviter les 15 % de douane face à la personnalité, écrasante de Donald Trump ? Ursula Von der Leyen n’était peut-être pas la meilleure pour défendre les intérêts européens… Le problème, selon moi, a été de donner, à une seule personne le pouvoir de décider pour 27 pays. Une erreur que l’Union européenne voudra certainement corriger par un mécanisme permettant aux pays membres de regagner un peu de leur souveraineté.

Aucun commentaire:
Publier un commentaire