Le roman C’était ça ou mourir de Thélyson Orélien, publié le 19 août 2026 aux éditions Grasset, était en voie de remporter plusieurs prix littéraires. Du moins, jusqu’à ce qu’on découvre, en septembre, qu’il avait été écrit en grande partie avec l’aide de l’intelligence artificielle. Selon le logiciel de détection Pangram, l’IA aurait contribué à 94 % du texte.
Je suis moi-même en train d’écrire un recueil de pensées, de réflexions, de fragments de vie. Un récit issu de notes que j’ai pris soin de conserver pendant près de trente ans, chaque fois qu’une idée intéressante me traversait l’esprit. Inutile de dire que lorsque l’affaire Thélyson Orélien a éclaté, je me suis senti en danger. J’utilise moi aussi l’IA : pour mes recherches, pour corriger l’orthographe, pour fluidifier mes textes. Mais le contenu, les idées, les souvenirs, eux, restent entièrement les miens. Et l’IA me le rappelle souvent : « Ce texte est le tien, issu de tes notes, de ta mémoire, de ton vécu. »
Avant de jeter la pierre à qui que ce soit, permettez-moi un parallèle. Lorsque la calculette de poche est arrivée sur le marché en 1972, j’ai crié à la tricherie. J’étais jaloux. J’avais terminé mes études sans cet outil — il n’existait pas encore — et voilà que les écoliers pouvaient désormais s’en servir.
Après Thélyson Orélien, voilà qu’on apprend qu’Éric Duhaime a lui aussi eu recours à l’IA pour écrire On a remis de l’humain. Chef de parti politique en pleine campagne, à trois jours du vote aux élections provinciales, il pouvait compter sur ses adversaires pour le descendre en flammes.
Après Thélyson Orélien et Éric Duhaime, attendez-vous à ce qu’il y en ait d’autres. Des centaines, je vous dirais.
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