jeudi 25 septembre 2025

Gaza-Ralentissez. Il y a des enfants.

 

Un rappel modeste, presque tendre, que la vie fragile mérite qu’on freine, qu’on veille, qu’on protège.

Mais à Gaza, il n’y a plus de panneaux.

Il n’y a plus de routes.

Il n’y a plus de murs pour accrocher des mots d’espoir.

Il n’y a que des cris, des silences, des décombres.

Depuis près de deux ans, les bombardements israéliens ont ravagé la bande de Gaza.

Les hôpitaux sont détruits. Les écoles sont devenues des abris.

Et les abris, des cibles.

Près d’un million de personnes vivent aujourd’hui dans une ville où la famine est confirmée.

Les enfants meurent de malnutrition.

Les mères accouchent sans soins, parfois sous les bombes.

Les humanitaires tombent eux aussi, 540 morts depuis octobre 2023.

Et pendant que les corps s’amoncellent, les consciences vacillent.

Le Conseil de sécurité de l’ONU pleure son impuissance.

Des ONG parlent de génocide.

Des peuples manifestent, bloquent les ports, crient dans les rues : Palestine libre.

Mais les dirigeants, eux, tergiversent.

Ils parlent de diplomatie, de prudence, de géopolitique.

Ils parlent, pendant que des enfants meurent.

Alors que faut-il dire à ceux qui décident ?

À ceux qui signent les ordres de frappe depuis des bureaux protégés ?

À ceux qui regardent les chiffres, mais pas les visages ?

Ralentissez. Il y a des enfants.

Ceux que vous frappez pourraient être les vôtres.

Et si ce ne sont pas les vôtres, alors demandez-vous ce que cela dit de vous.

Un enfant dans les ruines ne comprend pas la géopolitique.

Il ne sait pas ce qu’est un veto, une frontière, une alliance.

Il sait seulement qu’il a faim. Qu’il a peur. Qu’il est seul.

Et nous, que savons-nous ?

Que l’Histoire nous regarde.

Que notre silence est une complicité.

Que notre inaction est une faute.

Il est temps d’agir.

Il est temps d’agir.

Pas demain. Pas après les négociations.

Maintenant.

Cessez-le-feu.

Accès humanitaire.

Protection des civils.

Sanctions contre ceux qui refusent la paix.

Et surtout, souvenez-vous :

Chaque bombe larguée sur Gaza est une bombe larguée sur notre humanité.

samedi 20 septembre 2025

La liberté d’expression aux États-Unis a-t-elle rejoint celle des régimes totalitaires?

L’affaire Jimmy Kimmel marque un tournant inquiétant dans l’évolution politique des États-Unis depuis la réélection de Donald Trump. Ce qui semblait relever de la satire ou du commentaire humoristique est désormais traité comme une menace à neutraliser. La suspension de l’émission Jimmy Kimmel Live! par le réseau ABC, à la suite de propos tenus par l’animateur sur l’assassinat de Charlie Kirk, soulève une question cruciale : assiste-t-on à une régression autoritaire de la liberté d’expression, orchestrée depuis les plus hautes sphères du pouvoir?

Qui est Jimmy Kimmel?

Jimmy Kimmel est l’animateur d’un late-night show diffusé depuis 2003 sur ABC. Héritier des émissions de Johnny Carson et Jay Leno, son programme mêle humour, interviews et commentaires sur l’actualité. Autrefois apolitiques, ces émissions ont évolué vers une forme de satire plus engagée. Kimmel, souvent critique envers l’administration Trump, est devenu une figure médiatique clivante. Le commentaire qui a tout déclenché

Lors d’une émission récente, Kimmel a déclaré :

« Nous avons atteint de nouveaux sommets ce week-end, la bande de MAGA tentant désespérément de présenter la personne qui a assassiné Charlie Kirk comme quelqu’un d’autre que l’un des leurs. Et ils font tout ce qu’ils peuvent pour en tirer des avantages politiques. »

Cette déclaration, bien que maladroite, ne justifiait pas en soi la suppression immédiate de l’émission. Pourtant, ABC a suspendu Jimmy Kimmel Live! sans préavis. Le président Trump s’est félicité de cette décision, affirmant que Kimmel avait été écarté non pour ses propos, mais pour son « manque de talent ». Il a ensuite évoqué la possibilité de retirer la licence des réseaux jugés trop critiques envers lui.

Une dérive autoritaire?

Ce geste s’inscrit dans une série d’actions préoccupantes :

•         Menaces contre les médias critiques, comme le New York Times et le Wall Street Journal, poursuivis pour des montants astronomiques

•         Réduction drastique des subventions aux universités promouvant la diversité

•         Pressions sur les diffuseurs pour qu’ils censurent les voix dissidentes

Ces mesures, selon plusieurs observateurs, visent à affaiblir les contre-pouvoirs essentiels à toute démocratie. L’ancien président Barack Obama a dénoncé « une menace directe à la liberté d’expression » et a appelé les entreprises médiatiques à ne pas céder à la pression politique.

La liberté d’expression à l’épreuve : contre-pouvoirs, mémoire historique et conscience citoyenne

Alors que les États-Unis se targuent d’être le bastion de la liberté d’expression, une inquiétude grandissante traverse les cercles intellectuels et démocratiques : les mécanismes de contre-pouvoir sont-ils encore suffisamment robustes pour freiner les dérives autoritaires?

Contre-pouvoirs : remparts fragilisés

Les contre-pouvoirs sont les piliers invisibles mais essentiels d’une démocratie vivante. Ils empêchent la concentration excessive du pouvoir et garantissent un équilibre entre les forces politiques, économiques et sociales. Parmi eux :

•         Les médias : garants de la transparence, ils sont aujourd’hui ciblés par des campagnes de dénigrement, des menaces de retrait de licences et des pressions économiques. Des émissions critiques ont été suspendues, et des journalistes intimidés ou discrédités.

•         Les universités et chercheurs : autrefois sanctuaires du débat, ils subissent des coupes budgétaires et des attaques idéologiques. Certains chercheurs sont accusés de « radicalisme » pour avoir simplement documenté des faits dérangeants.

          La justice : bien qu’elle résiste encore, sa politisation inquiète. Le remplacement de hauts responsables par des personnalités loyales au pouvoir exécutif compromet la neutralité des institutions.

•         Les réseaux sociaux : devenus arènes de censure ou de manipulation, ils sont soumis à des pressions pour modérer certains contenus, parfois au détriment du pluralisme.

Ces fragilités ne sont pas anecdotiques. Elles dessinent les contours d’un « autoritarisme compétitif », où les élections subsistent mais les règles du jeu sont biaisées.

Parallèles historiques : comprendre sans accuser

L’histoire n’est pas un tribunal, mais un miroir. Elle nous aide à reconnaître les dynamiques de pouvoir qui se répètent sous des formes nouvelles.

•         Jules César a contourné le Sénat pour s’imposer comme dictateur à vie.

•         Napoléon Bonaparte a utilisé le plébiscite et le contrôle de la presse pour légitimer son empire.

•         Adolf Hitler a exploité les peurs économiques et identitaires, manipulé les médias et désigné des ennemis intérieurs pour asseoir son pouvoir.

Ces figures ont en commun :

•         La personnalisation du pouvoir, où l’homme devient le système.

•         Le culte du chef, charismatique et infaillible.

•         La désignation d’un ennemi, souvent intérieur (minorités, intellectuels) ou extérieur (immigration, élites).

•         Le contrôle de l’information, par la propagande ou la censure.

Ces techniques ne sont pas l’apanage du passé. Elles réapparaissent dans des contextes démocratiques affaiblis, souvent sous des formes plus subtiles.

Responsabilité citoyenne : la démocratie ne s’auto-entretient pas

Face à ces dérives, le citoyen n’est pas un spectateur. Il est acteur, garant du pacte démocratique.

•         S’informer : au-delà des algorithmes, lire des sources variées, écouter des voix dissonantes.

•         Débattre : dans le respect, même avec ceux qui pensent autrement.

•         Voter : non par réflexe tribal, mais par choix éclairé.

•         Préserver l’esprit critique : par l’éducation civique, le dialogue intergénérationnel, la curiosité intellectuelle.

•         Agir sans haine : refuser les discours de division, défendre la liberté d’expression même pour ceux avec qui l’on est en désaccord.

La démocratie n’est pas un acquis. Elle est une pratique, une vigilance, une responsabilité partagée.

PS Les funérailles de Charlie Kirk. Un moment chargé de tristesse et de gravité. Charlie Kirk, 31 ans, a été abattu le 10 septembre dernier alors qu’il participait à un débat universitaire dans l’Utah. Une figure montante du camp conservateur, brutalement fauchée.

Cela dit, n’eût été l’intervention de Donald Trump dans la gestion de cet événement tragique, Charlie Kirk serait-il resté l’anonyme qu’il était encore, pour une grande partie des Américains, la veille de son assassinat ?

Charlie Kirk disait ce qu’il pensait. Cela ne justifie en rien qu’il ait été tué. Il aurait dû se sentir en sécurité, chez lui, aux États-Unis — ce pays qui se targue d’être le bastion de la liberté d’expression.

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Mise à jour le 23-09-2025 : Aux dernières nouvelles Jimmy Kimmel sera de retour à la barre de son émission, Jimmy Kimmel Live, dès ce soir. Ce retour fait suite à une mobilisation massive en faveur de la liberté d’expression. Plus de 430 personnalités d’Hollywood et de Broadway ont signé une lettre ouverte avec l’ACLU pour dénoncer ce qu’ils considèrent comme une atteinte grave aux droits constitutionnels. La chaîne a déclaré avoir eu des discussions « réfléchies » avec Kimmel avant de décider de reprendre l’émission.