samedi 26 juillet 2025

La guerre commerciale se poursuit : Trump menace d’imposer des tarifs sans entente avec le Canada

Guerre commerciale : Trump menace d’imposer des tarifs sans entente avec le Canada

Cette annonce survient au lendemain de la rencontre entre le ministre canadien responsable du Commerce Canada–États-Unis, Dominic LeBlanc, et le secrétaire au Commerce, Howard Lutnick.

M. LeBlanc se disait « encouragé » par sa rencontre de jeudi soir qu’il a qualifiée de productive et de cordiale.

Il semble toutefois que le président américain ait perçu les choses tout autrement. Sinon pourquoi aurait-il déclaré que les États-Unis pourraient ne pas parvenir à un accord commercial négocié avec le Canada, laissant entendre que son administration pourrait fixer unilatéralement des droits de douane de 35 % sur les importations canadiennes dès le 1er août. Une menace qui s’ajoute à une série de mesures tarifaires déjà en place sur l’acier, l’aluminium, les automobiles et bientôt le cuivre.

« Nous n'avons pas vraiment eu beaucoup de chance avec le Canada. Je pense que le Canada pourrait être l'un des pays où il n'y a qu'un tarif, et pas vraiment de négociations. » — Donald Trump

Mais qui n’a pas eu de chance, vraiment ? Le Canada, depuis le retour de Trump à la Maison-Blanche, vit sous une pression constante : menaces d’annexion, revirements diplomatiques, et une guerre commerciale qui ne dit pas son nom. Depuis janvier, les tarifs douaniers américains ont déjà coûté 155 milliards de dollars aux entreprises canadiennes.

Depuis son élection, Trump a redéfini le mot « accord » : pour lui, c’est une soumission à ses diktats. Il impose, puis négocie. Il menace, puis exige.

Voyons ce que cela veut dire concrètement :

Le président américain Donald Trump a annoncé, mardi 22 juillet, la conclusion d’un accord commercial qu’il qualifie d’« énorme » avec le Japon. Selon les termes de l’entente, les droits de douane sur les importations japonaises seront ramenés à 15 %, plutôt que les 25 % initialement menacés par l’administration Trump. Les surtaxes de 50 % sur l’acier et l’aluminium pourraient rester en vigueur pour certains produits, Trump les qualifiant de « mondiales et donc durables. » En échange, le Japon s’est engagé à investir quelque 550 milliards de dollars aux États-Unis, bien que les détails de ces investissements soient encore flous.

Dans la foulée, Washington a également conclu un accord commercial préliminaire avec l’Union européenne, réduisant les droits de douane sur la majorité des produits européens à 15 %. Selon Donald Trump, l’UE aurait accepté en retour d’importer pour 750 milliards de dollars de combustibles nucléaires et d’hydrocarbures américains sur une période de trois ans. *Ursula Von der Leyen, présidente de la Commission européenne, a confirmé ce calendrier. 

Toujours d’après le président Trump, les 27 pays de l’Union se seraient engagés à augmenter de plus de 600 milliards de dollars leurs investissements aux États-Unis et à acheter du matériel militaire américain. Il a aussi laissé entendre que les surtaxes mondiales de 50 % sur l’acier et l’aluminium pourraient être maintenues pour certains produits, qualifiant cette mesure de « mondiale » et donc durable.

Comme je le soulignais, Donald Trump semble avoir redéfini le terme « accord » — et je ne suis pas le seul à en faire la remarque. Plusieurs voix européennes se sont élevées pour contester cette entente. Le premier ministre français François Bayrou a déclaré : « Accord Von der Leyen-Trump : c’est un jour sombre que celui où une alliance de peuples libres, rassemblés pour affirmer leurs valeurs et défendre leurs intérêts, se résout à la soumission. » Son homologue espagnol Pedro Sanchez a quant à lui exprimé un enthousiasme plus que réservé.

L’administration Trump affirme en outre avoir conclu des accords avec les Philippines, le Royaume-Uni, l’Indonésie et le Viêtnam. Mais quel type d’accord ? Très certainement dans la même veine que ceux passés avec l’UE et le Japon : des compromis où le mot « libre-échange » semble de plus en plus malléable.

Ce genre d’accord, ou l’on perd sa chemise sans rien obtenir, les Canadiens n’en veulent pas. Voici ce qu’ils veulent que leur premier ministre, Mark Carney, fasse si Donald Trump imposait ses tarifs de façon unilatérale :

  1. Qu'il réactive la taxe numérique de 3 % sur les géants du Web (Google, Amazon, Meta), que le Canada a suspendue sous pression américaine. Cette taxe visait à corriger une injustice fiscale flagrante : des milliards de revenus générés au Canada sans contribution équitable.
  2. Qu'il abandonne les contre-tarifs classiques.  Ils pénalisent les Canadiens. L’objectif n’est pas de se tirer une balle dans le pied, laissons Trump se tirer dans le pied : Grogne au Vermont
  3. Qu'il remplace les contre-tarifs par des tarifs à l’exportation sur des ressources stratégiques — électricité, métaux rares, cuivre — dont les États-Unis dépendent. Ces tarifs seraient équivalents à ceux imposés par Trump sur les produits canadiens. 
  4. Diversifier les marchés d’exportation Les États-Unis ont longtemps été le plan A des exportations canadiennes. Ce n’est plus le cas. Face à l’imprévisibilité de l’administration Trump et à l’escalade tarifaire, le Canada doit désormais activer son plan B : accélérer l’ouverture de nouveaux débouchés commerciaux, notamment en Asie, en Europe, et ailleurs dans le monde. Ce virage stratégique n’est pas un rejet de nos voisins du Sud, mais une nécessité économiqueChers amis américains, ne le prenez pas mal — c’est temporaire. Mais tant que le libre-échange sera confondu avec la soumission, nous n’avons d’autre choix que de chercher ailleurs des partenaires qui respectent les règles du jeu.

Cette guerre commerciale est injuste, contre-productive et dangereuse. Elle ne vient pas du Canada. Elle vient de Donald Trump, de lui seul. Même des élus républicains peinent à rester silencieux face aux conséquences désastreuses sur l’économie américaine.

Parlant de conséquences désastreuses en voici deux à titre d’exemple : Les produits américains sont boudés par 72 % des Canadiens 

Et c’est sans parler des 76 % de Canadiens qui ne veulent plus prendre de vacances aux États-Unis. Et pour cause, les histoires de reconduite à la frontière ou de détention se sont multipliées au cours des mois qui ont suivi le début du second mandat de Donald Trump.

Il faut savoir que 20,4 millions de Canadiens se sont rendus aux États-Unis en 2024. Ces touristes ont dépensé 20,5 milliards de dollars et soutenu 140 000 emplois américains. 

Une perte estimée de 76% en 2025 représente : 15,504 millions de touristes en moins; Un manque à gagner de 15,589 milliards; Et 106 400 emplois perdus. 

Alors pourquoi cette escalade ? L’histoire a montré que les empires économiques s’effondrent toujours sur leur propre arrogance.

Parlant d’arrogance, Howard Lutnick devant les caméras ce 31 juillet « Donald Trump et son équipe ont prouvé que l’Union européenne paie, le Japon paie, la Corée paie, le Vietnam paie, les Philippines paient, L’Indonésie paie. Ils sont tous à genou pour payer » disait-il, un sourire fendu jusqu’aux oreilles. 

Mise à jour le 31-07-2025 : Trump menace le canada : un accord commercial en péril à cause de la Palestine ?  Non content d’imposer ses taxes à l’importation, Trump cherche désormais à dicter ses orientations politiques au Canada. Cette posture révèle aux pays liés par un accord commercial qu’aucune entente n’est à l’abri d’un revirement unilatéral, s’ils s’écartent de la ligne idéologique tracée par sa pensée.

* L'Union européenne Qui aurait pu contrer Donald Trump ? Qui aurait pu éviter les 15 % de douane face à la personnalité, écrasante de Donald Trump ? Ursula Von der Leyen n’était peut-être pas la meilleure pour défendre les intérêts européens… Le problème, selon moi, a été de donner, à une seule personne le pouvoir de décider pour 27 pays.  Une erreur que l’Union européenne voudra certainement corriger par un mécanisme permettant aux pays membres de regagner un peu de leur souveraineté.

vendredi 4 juillet 2025

Quand l’Histoire bégaie : entre chaos et espérance

 

Chers lecteurs,

N’avez-vous pas, vous aussi, le sentiment de vivre une époque où plus rien ne va ? Une période où l’injustice, la cupidité et l’absurdité semblent avoir pris le dessus sur le bon sens, la solidarité et le respect du vivant.

Certains discours politiques, certaines décisions gouvernementales me rappellent, avec un frisson dans le dos, des épisodes sombres de notre histoire :

  • Les années 1930, où des idéologies extrémistes ont profité de la misère et du désespoir pour faire naître des régimes totalitaires aux conséquences dévastatrices.
  • La guerre froide, marquée par la paranoïa, les menaces nucléaires et la manipulation des masses.
  • L’apartheid en Afrique du Sud ou la ségrégation raciale aux États-Unis, où des États ont institutionnalisé l’injustice.
  • Les dictatures d’Amérique latine dans les années 1970-1980, où disparitions, tortures et répression étaient monnaie courante.

Et voilà que notre époque semble à nouveau vaciller.

Post-COVID : l’érosion lente de nos repères

Pour moi, cette spirale a commencé avec la pandémie de COVID-19. Une onde de choc sanitaire, bien sûr, mais surtout sociale et psychologique.

Des millions de personnes, pleines de bonne volonté, ont vu leur vie bouleversée, leurs espoirs suspendus. Les liens sociaux se sont fragilisés. La méfiance s’est insinuée. Et pendant que certains tentaient tant bien que mal de se reconstruire, d’autres ont vu dans cette crise une opportunité : celle de renforcer leur pouvoir, d’accroître leurs profits.

Nous en voyons aujourd’hui les conséquences :

  • Une inflation galopante qui épuise les plus vulnérables.
  • Des politiques d’austérité maquillées en « stratégie économique ».
  • Une fuite en avant militariste — certains pays allant jusqu’à consacrer 5 % de leur PIB aux dépenses de défense, au détriment de la lutte contre les dérèglements climatiques.

Dernière absurdité en date :

Le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, a annoncé au président Donald Trump qu’il proposait son nom pour le prix Nobel de la paix, alors que les deux hommes célébraient, ce lundi 7 juillet, le triomphe de leurs récentes frappes contre les installations nucléaires iraniennes. Ils ont salué la guerre de douze jours comme un succès absolu. Et cela, sans même évoquer les guerres tarifaires que Trump mène contre tous ses partenaires commerciaux. 

Et maintenant ? La lumière s’allume par petites braises

Face à ce constat, il reste une étincelle. Un souffle. Une promesse.

Car l’Histoire nous enseigne aussi que dans chaque nuit, il y a des veilleuses. Des individus et des groupes qui refusent l’anesthésie morale.

Je crois — j’espère — en une révolte douce mais tenace :

  • Que des mouvements citoyens s’organisent.
  • Que des jeunes relèvent la tête et bâtissent des projets de société nouveaux.
  • Que des initiatives locales deviennent les véritables laboratoires du monde de demain.
  • Que des chercheurs, des artistes, des soignants, des enseignants, des travailleurs solidaires refusent de baisser les bras.

Un souffle d’espoir

Dans les périodes d’obscurité, c’est souvent un texte, une chanson, un regard solidaire qui rallument la flamme. C’est pour cela que je vous offre ces mots, nés d’un besoin profond de croire encore :

Entre Chute et Éveil

Le vent soulève des pages vides, Où l’homme croyait écrire l’avenir. Mais les mots fuient, les murs se fendent, Et le ciel se prend à frémir.

Les lois vacillent, les cœurs s’étiolent, Les glaciers pleurent leur mémoire, Et la Terre, lasse de nos querelles, Se tait, en gardienne d’un espoir.

Mais dans la nuit où l’ordre chancelle, Quelqu’un allume un feu discret : Une main tendue, une voix rebelle, Une graine semée en secret.

Là où le pouvoir cherche l’oubli, Naît parfois l’acte le plus vrai. Il suffit d’un rêve qu’on n’ensevelit, Pour réveiller ce qui semblait mort-né.

Avec vous je suis. Dans la lucidité. Dans la résistance. Et dans l’espoir.